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Le Manager et son équipe : Je te tweete, tu me tweetes… par la barbichette

​Sur Twitter, que l’on soit collaborateur ou manager, tout le monde a la même liberté d’interagir. Difficile cependant de s’affranchir des relations professionnelles dans la vraie vie. Feindre l’indifférence ? Se surveiller discrètement, mais sûrement ? Un autre équilibre est possible. Comment engager des interactions bienveillantes et enrichissantes, entre managers et collaborateurs qui se croisent sur Twitter. 
Twitter a fait une entrée fracassante dans le paysage des réseaux sociaux avec 15 millions d’utilisateurs actifs en France(1). Sa spécificité : l’instantanéité des interactions. Comment gérer son manager ou son managé dans cet espace de liberté… malgré tout surveillé ?


​Exister sur Twitter n’a rien d’anodin


Avancer avec une photo et une bio pro vous pose comme utilisateur de Twitter qui avance à visage découvert, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Les 160 signes de pitch qui vous décrivent sont, rappelons-le, visibles de tous, sans restriction. 

Tout ce que l’on fait sur ce réseau social parle de soi : les tweets que l’on produit ou retweete, mais aussi les comptes que l’on suit. Les personnes que l’on interpelle ou celle à qui l’on répond. Si la spontanéité est de bon ton, l’auto-contrôle est de rigueur. 

Twitter n’est pas coupé du reste de son monde à soi. On se croise fréquemment entre managers, collaborateurs, dirigeants et collègues. Et alors, on s’ignore ou bien l’on se tombe dans les bras ?

Vous êtes managé : osez être vous-même avec ce qu’il faut de retenue


Comment savoir ce que votre manager voit de vos interactions sur Twitter ? S’il vous retweete à foison, vous saurez qu’il ne rate rien de ce que vous publiez. Il est même possible qu’il ait activé l’option de notification de suivi de votre compte sur son téléphone mobile (2). S’il ne se manifeste jamais sur le sujet, ni sur le réseau social, ni en en parlant de vive voix, impossible d’identifier s’il regarde d’un œil distrait ou très attentif votre compte. 

La solution ? Rester soi-même en évitant plusieurs écueils : 

- S’interdire de retweeter en masse les messages du compte corporate. Cela donne l’impression de chercher à jouer les premiers de la classe. 
- S’abstenir de liker ou partager tous les tweets de son manager ou de ses dirigeants. C’est également exagéré.
- Réfléchir à deux fois avant de tweeter sans restriction des comptes ou des informations sur les concurrents de l’entreprise. Ponctuellement, cela peut faire sens. De manière répétée, c’est plus risqué.
- Résister à l’envie de mélanger des tweets pro avec des tweets perso : opinions politiques, divertissements télévisuels… Des engagements ou des prises de position peuvent se légitimer, mais demandez-vous toujours « est-ce que je dirais cela devant tout le monde à la machine à café » avant de tweeter.

Le bon dosage ? Articles de presse spécialisée, projets innovants, offres d’emploi pour en faire profiter son réseau, tweets lors d’événements pro… Tout ce qui donne de vous l’image du professionnel que vous êtes tant sur la toile qu’à la ville.

Vous êtes manager : jouez l’esprit d’équipe, mais gardez vos distances


Si vous êtes sur Twitter et que vos collaborateurs y sont aussi, ce nouveau territoire d’interactions ouvre une nouvelle ère en matière de management. Pour un manager, Twitter peut prendre des airs de « Big Brother » (3). Savoir ce que ses collaborateurs disent et font peut réveiller une tentation de contrôle pourtant improductive dans un univers de travail chaque jour plus collaboratif.

Pratiques fortement déconseillées :

- Être intrusif ou directif en commentant la façon de tweeter (pas assez corporate, trop décalé, trop de gif (4)…). Le lâcher-prise est nécessairement de rigueur à l’heure digitale. 
- Faire des remarques sur le fait de tweeter sur les heures de travail alors qu’il n’y a pas d’abus caractérisé. Quelques tweets par jour, des retweets lorsque l’on patiente au téléphone, on est dans la norme. 
- Tweeter soi-même en réunion. Exemplarité oblige. 
- Retweeter tous les tweets de tous vos collaborateurs. Ils auraient l’impression que c’est vous qui ne faites que cela.

Une recette gagnante ? Interagir entre adultes responsables et bienveillants, en respectant les choix et le sens critique de l’autre. Il ne faut pas perdre de vue que l’on est (presque) toujours le managé de quelqu’un d’autre, de son dirigeant ou de son actionnaire.

Des temps d’échange, en chair et en os, permettent également d’aborder les choses avec sérénité, de partager ses bonnes pratiques et de monter collectivement en compétences sur le sujet. On apprend chaque jour les uns des autres sur les nouvelles façons d’interagir à l’heure du tout digital.

À lire aussi : 

(1) 15,1 millions de visiteurs uniques en France (Médiamétrie 23/09/16)
(2) L’option de notification sur téléphone mobile dans la rubrique « Pour voir des notifications concernant les tweets de comptes que vous suivez ». 
(3) Big Brother est un personnage qui voit tout et sait tout dans le roman 1984 d’Orson Welles. L’expression est utilisée pour qualifier tous les dispositifs, organisés ou non, qui portent atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée.
(4) Un gif est une image animée de quelques secondes qui tourne en boucle et attire le regard.

 
09 décembre 2016