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Gestion des compétences : La compétence en 5 objectifs

La compétence s’est imposée comme un concept de base de la formation professionnelle. Si les définitions ne manquent pas de ce terme générique, un consensus se dégage tout de même autour de l’idée que la compétence est une capacité à agir en utilisant ou combinant différentes ressources qui ont pu être acquises par la formation ou l’expérience.

Cette définition fait sens en matière de gestion, également du point de vue juridique, mais elle est insuffisante au plan pédagogique dès lors qu’il s’agit de définir des processus d’acquisition de compétences ou que l’on se propose de développer les compétences d’un individu.

Au plan pédagogique, on peut identifier cinq manières de développer ses compétences :

  • Transformer son expérience en compétence ;

  • Acquérir des méthodes de travail ;

  • Apprendre le passage à l’acte ;

  • Acquérir des savoirs disciplinaires ou transdisciplinaires ;

  • Savoir donner du sens à son action.

  • Lors de la mise en place d’une action de formation, le Responsable Formation peut s’attacher à l’un ou l’autre de ces cinq objectifs.

1) Transformer son expérience en compétence

Lorsqu’un joueur de rugby joue un match, il vit une expérience. Acquiert-il pour autant une compétence nouvelle ? Oui s’il prend le temps de faire un retour sur expérience, une analyse du match, un passage par le tableau noir et qu’il contribue ainsi à créer une phase d’aller-retour entre la conceptualisation et l’expérience « brute ». Sans ce travail de prise de recul, d’analyse, de généralisation de l’expérience, celle-ci ne se transformera pas de facto en compétence.

2) Acquérir des méthodes de travail

Même les génies n’échappent pas aux fondamentaux. Léonard De Vinci lui-même faisait ses gammes en matière de proportion et de perspective et les plus brillants dessinateurs ont souvent recours à la feuille quadrillée. Développer ses compétences c’est acquérir des méthodes de travail, individuelles et/ou collectives, c’est structurer ses modes de pensée et d’action. Ces fondamentaux permettent à la fois de gagner du temps, d’avoir des réponses méthodologiques qui permettent de traiter y compris des phénomènes, problèmes ou questions jamais rencontrés et, dans un collectif, de disposer de références communes qui permettent la compétence collective.

3) Apprendre le passage à l'acte

Et si finalement la compétence se résumait à savoir faire des choix ? croquer la pomme ou non ? Si tous les choix ne sont pas nécessairement aussi fondamentaux, ils nous engagent. Et la psychologie nous enseigne que le passage à l’acte n’est pas la moindre des étapes dans la mise en œuvre de la compétence : entre savoir ou percevoir ce qu’il conviendrait de faire et être capable de le faire effectivement, le fossé est parfois profond. Développer ses compétences cela devrait être en tout premier lieu être capable de faire des choix…et de les assumer

4) Acquérir des savoirs disciplinaires ou transdisciplinaires

Il s’agit de la forme la plus traditionnelle de l’acquisition de compétences : progresser dans un champ disciplinaire. Nietzsche reprochait déjà, en 1871, à l’enseignement de s’exercer dans une forme qui interdit tout recoupement entre les disciplines et de développer des esprits de chapelle. Les surréalistes, à travers la technique du cadavre exquis qui consiste à créer une œuvre picturale ou littéraire à plusieurs sans connaître les contributions d’autrui, ont démontré le potentiel de créativité de la mise en relation de savoirs a priori non reliés entre eux. Aujourd’hui plus que jamais l’approche systémique, interdisciplinaire, apparaît comme la mieux à même de nous permettre d’agir dans un monde dont la complexité rend plus difficile la préhension. Le Responsable Formation peut utilement se demander si la connaissance des autres métiers de l’entreprise, de techniques ou savoirs non directement corrélés à son activité ou encore la maîtrise de l’ensemble du processus dans lequel on inscrit son action ne sont pas de nature à développer la compétence.

5) Savoir donner du sens à son action

L’acte ne fait pas sens en lui-même. Ainsi l’assassinat d’Holopherne, chef syrien sanguinaire, par Judith en vue de sauver la ville de Béthul demeure comme un acte héroïque et non un acte répréhensible. Donner du sens est donc essentiel et l’on ne peut toujours, en ce domaine, se contenter de l’implicite. Permettre d’agir avec compétence c’est aussi conforter les individus sur le sens de leurs actions.

26 juillet 2010

 

 

Karine Colovic

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