Formateur

Connaitre et savoir reconnaitre les phases et les rythmes d’apprentissages

Nous avons analysé dans l’article précédent les avantages et les inconvénients des différentes méthodes pédagogiques utilisées par le formateur. Une fois la « bonne » méthode choisie, il est également important pour le formateur de connaître les différentes phases et rythmes d’apprentissage des stagiaires pour que celle-ci soit d'autant plus efficace.

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S’adapter aux différentes phases d’apprentissage : Premier challenge du formateur

Première phase : l’incompétence inconsciente, « je ne sais pas que je ne sais pas »

La première phase est synonyme du bonheur absolu : le participant ne ressent aucun besoin de formation, ne se pose aucune question, ne sait pas que la formation existe et qu’il peut en avoir besoin.

Deuxième phase : l’incompétence consciente, « je sais que je ne sais pas »

Ce sont les phases 2 et 3 qui peuvent entraîner des résistances au changement.
La deuxième phase est le début du questionnement et a un impact sur la motivation.
Deux cas de figure vont se présenter :

•1er cas : le participant sait qu’il ne sait pas et a envie de savoir. Il est alors motivé ;
•2ème cas : le participant sait qu’il ne sait pas mais n’a pas envie de savoir. Il manifestera alors de la résistance au changement.

Les raisons sont multiples :

•Savoir peut être perçu comme du travail supplémentaire
Par exemple, un cadre formé au traitement de texte peut se dire qu’après la formation il ne pourra plus déléguer la saisie de son courrier à son assistante puisqu’il aura appris à taper lui-même ;
•Un supérieur hiérarchique maladroit peut avoir présenté à son collaborateur des lacunes qu’il ne pensait pas avoir.
Par exemple, si on a expliqué « on va vous faire suivre une formation pour faire de vous de vrais vendeurs » à des commerciaux qui ont dix ans d’expérience, ils arriveront frustrés en formation, voire en colère.
Le formateur doit identifier ce mécanisme afin de ne pas se sentir personnellement visé par la possible agressivité des participants.

Troisième phase : compétence consciente, « je sais que je sais »

C’est la phase de l’appropriation de quelque chose de nouveau : l’apprenant commence à savoir, à s’approprier les nouvelles connaissances ou savoir-faire, mais s’aperçoit que leur maîtrise n’est pas évidente.
Que le participant soit motivé ou non, la traversée de cette troisième phase pour être difficile pour le formateur et le participant. Les difficultés peuvent cependant encourager. C’est le moment où l’on entend en formation : « je n’y arriverai pas, c’est trop difficile ».
Cette phase nécessite une réflexion sur les gestes et les méthodes qu’il faut s’approprier. Ce n’est pas encore spontané, c’est donc décourageant.
Elle est réellement l’explication de la résistance au changement. Il est plus simple pour le formateur de former des personnes n’ayant aucune habitudes que des personnes ayant déjà l’habitude d’une certaine façon de faire.
Le formateur doit à cette étape rassurer, motiver et surtout ne pas décourager ou brimer ceux que cette résistance pourrait rendre agressifs.
Le formateur peut donner des exemples de difficultés qu’il a lui-même eues avant que la nouvelle habitude ne soit acquise : passage d’une voiture manuelle à une voiture automatique, d’un matériel analogique à un matériel numérique, du franc à l’euro,…
Plus le formateur fera faire des exercices d’application, plus il permettra à ses participants d’acqu »rir des automatismes pendant la formation.

Quatrième phase : compétence inconsciente, « je ne sais plus que je sais »

C’est enfin le bonheur de faire : c’est devenu un automatisme.
Sauf que…ce serait trop simple : si on ne se remet jamais en question, si on ne cherche pas à se perfectionner, on retombe dans l’incompétence inconsciente (première phase) tout en étant persuadé d’être compétent (quatrième phase).
Par exemple, lorsque l’on rédige uniquement des courriers sur Word, on utilise toujours les mêmes fonctions du logiciel et on oublie les autres, pourtant apprises en formation.
Quand un participant se retrouve en formation dans cet état d’esprit, il arrive en pensant perdre son temps. Il faudra que le formateur le remotive en utilisant la méthode heuristique, pour lui faire prendre conscience qu’il ne sait pas.

Le formateur doit s’adapter aux rythmes d’apprentissage

Le formateur ne doit pas négliger les rythmes d’apprentissage dans la journée ni les courbes d’attention. Nous sommes biologiquement plus ou moins capables de soutenir notre attention.

Il est donc clair que le défi permanent du formateur est de repérer pour tous les participants d’une même session de formation la phase d’apprentissage de chacun et de l’accompagner vers la phase de compétence consciente. Le formateur y déploiera alors tout son art !