Formateur

Les techniques théâtrales au service du formateur

Les metteurs en scène et les acteurs travaillent en permanence sur la communication verbale et non verbale, interpersonnelle, intrapersonnelle et la créativité. Ils utilisent et maîtrisent pour cela des outils psychophysiques extrêmement performants. Pourquoi pas le formateur ? Isabelle Censier, formatrice chez Demos, travaille à extraire de ces outils, depuis plus de 10 ans, ce qui peut être transmissible dans d’autres domaines, afin de préparer des formations à la prise de parole en public, à la gestion des émotions, à la maîtrise de la voix, à l’improvisation… et bien entendu, travailler sur ces domaines porte à réfléchir sur la relation à son auditoire en tant que formateur et sur la façon de transposer des outils issus de techniques théâtrales aussi en animation. Elle nous propose donc ici des pistes de réflexion, et non des recettes.

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Quelques fondamentaux du théâtre pour le formateur

– Savoir s’appuyer sur sa présence : le comédien travaille en permanence son « instrument » : respiration, voix, corps, regard. Le minimum que l’on puisse attendre d’un formateur est qu’il soit aussi conscient de ses qualités de présence et qu’il sache les travailler. C’est en effet une marque de respect pour les participants que d’être au plus et au mieux soi-même lors des animations. Cela signifie aussi, comme au théâtre, que l’on soit capable de laisser derrière la porte les soucis éventuels et autres parasitages… “Ainsi, je tente de m’appliquer à moi-même, lors de l’animation, ce que je travaille avec les participants ! “

– Pratiquer une écoute active : prendre en compte les participants individuellement et sans jugement, en étant le plus attentif possible à leurs attentes. C’est la qualité de disponibilité que l’on travaille au théâtre et qui peut être aussi très utile pour le formateur. Ne pas être concentré sur son sujet (ou sur son texte au plateau), mais sur les auditeurs et ce qu’on souhaite qu’ils reçoivent.

– S’autoriser à improviser : comme au théâtre, une animation demande une préparation solide qui permettra, lors de l’échange avec les participants, de pouvoir improviser en fonction de ce qui se passe. Le formateur peut ainsi modifier son déroulé sans soucis s’il en ressent le besoin, tout en gardant en tête les objectifs et ce qu’il souhaite qu’ils retiennent.

– Faire évoluer la relation : il est très clair, sur une scène que la relation au public est différente suivant la position de celui-ci. C’est évident aussi en formation. Une salle de formation n’est pas nécessairement aménagée avec une table en U. Il peut être intéressant pour le formateur de faire varier la position des participants au cours de la formation : sans table, debout, par petits groupes autour de tables séparées. C’est une chose qu’Isabelle Censier pratique en permanence : trouver, pour chaque phase de la session, la disposition qui rendra l’écoute et la participation les plus justes. Cela permet aussi de lutter contre une monotonie qui risque de s’installer.

Formateur : La formation comme un voyage

Si l’on devait résumer tout cela par une idée générale : lors d’une formation, le formateur emmène les participants dans une sorte de voyage. Au cours de ce voyage, on va leur raconter différentes histoires. Ils vont participer à certaines, et même en raconter eux-mêmes, et vont en écouter d’autres.
Avant la formation, il vous faut que le formateur formule clairement quel va être ce voyage : son but, les différentes étapes et comment emmener l’auditoire. Là encore, nous sommes proches du travail du metteur en scène !
Enfin, une chose qui paraît fondamentale, c’est de souhaiter ne pas faire subir aux autres ce que soi-même nous n’aimerions pas subir lors d’une formation ou bien comme spectateur ! Et de ne pas faire nécessairement ce qui se fait « toujours ». Par exemple, en formation, Isabelle Censier nous explique qu’elle « ne démarre jamais par un tour de table. Il arrive un peu plus tard dans la journée et il est beaucoup plus constructif que les quelques éléments lapidaires que je pourrais obtenir en débutant par cela. Je veille à ce que chacun trouve dans ce qu’on aborde ce qui peut lui être utile spécifiquement. Je change souvent la disposition de la salle. Je me sers parfois de musique pour mettre les participants dans un état d’écoute particulier (détendus, relaxés, concentrés…)
Tout cela représente un véritable champ d’expérimentation, et comme au théâtre, rien n’est jamais figé. Le formateur travaille avec de la matière vivante, c’est cela qui est passionnant ! »

Bon voyage !!