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L’improvisation

L’improvisation est une prise de parole sans préparation. Il faut être capable de prendre la parole sans être surpris par elle. Comme toute prise de parole, elle a un objectif, par exemple défendre un projet, développer un argument ou convaincre un public. Nous allons donc voir en quoi l’improvisation peut être un plus pour le formateur en animation.

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Les situations d’improvisation ?

A moins de lire à voix haute un texte rédigé, toute prise de parole est constituée d’improvisation. Exemples : nous commentons, faisons des digressions, ajoutons un exemple oublié, une anecdote, « jouons » avec le public, utilisons un incident, nous vivons notre parole en direct, nous improvisons. On peut donc d’ores et déjà se dire que, tel monsieur Jourdain avec la prose, nous pratiquons au quotidien l’improvisation « sans le savoir ». Nous voilà ainsi débarrassés en partie du complexe de l’inexpérience.

Le formateur improvise par exemple lorsque :

• il doit répondre à une question
• il doit lui-même intervenir, poser une question ou faire face à un débat
• il n’a pas eu le temps de préparer comme il l’aurait souhaité l’ensemble de son intervention
• il remplace au pied levé un collègue
• il doit faire face à un incident (l’oubli d’un document, un collègue qui devait prendre la parole à ses côtés et qui est en retard, un problème technique avec l’ordinateur…etc.)

Comment improviser ?

Le présent, c’est le temps réel auquel on ne peut échapper, d’où la panique que l’on peut ressentir au moment d’improviser. Mais le présent est aussi l’élément moteur qui peut stimuler une prise de parole instantanée : on peut compenser le manque de temps pour réfléchir par une plus grande attention au présent. Lorsqu’on ne sait pas comment commencer, le présent va donner l’amorce : formuler ce qui se dit ou ce qui se passe, permet de « partir de quelque chose ».

Exemple : reformuler la question ou l’intervention de l’auditoire.
Formuler, exprimer et assumer le « non-prévu » en le positivant : si on remplace au pied levé pour un discours de circonstance un collègue qui ne peut pas être là, on peut partir de cette réalité, exprimer la difficulté de remplacer ce collègue, etc.

Un document n’est pas prêt, vous l’avez oublié (ça ne doit évidemment pas en principe se produire mais personne n’est à l’abri d’un problème technique ou d’un cas de force majeure) et vous devez aborder le sujet. N’éludez pas, partez de la réalité et positivez la situation en présentant les idées-force de ce document que vous fournirez de toute façon plus tard : on retiendra que ce document est bien construit. Une « faiblesse » exprimée devient une force et permet de démarrer l’improvisation.

Prendre un temps de silence

En toutes circonstances de « non-prévu », il est utile de s’accorder quelques secondes de silence : respiration, décontraction, vide, présence à la situation. Cette maîtrise du temps est ressentie par l’auditoire comme une force. Elle vous permet de vous « organiser ». Cette attitude conditionne la confiance et le naturel qui permettront alors bien des choses. Les idées viennent en parlant. Si la première est suffisamment forte et vraie, les autres suivront par enchaînement ou association.

Choisir un angle d’attaque

Tout sujet peut être abordé de nombreuses façons :

• choisir toujours le thème que l’on connaît et rejeter le reste.
• utiliser son expérience personnelle, ses lectures ou discussions récentes… qui peuvent se raccrocher au sujet.
• partir du concret, du réel, du présent : c’est la meilleure base de réflexion pour soi et c’est ce que le public comprendra le mieux.
• choisir d’aborder le sujet sous l’angle économique, humain, moral, politique, etc.

Choisir un plan

Il faut avoir à l’esprit plusieurs plans que l’on fait défiler et choisir celui dans lequel on se sent le plus à l’aise ou qui correspond le mieux à la situation. Il est utile de s’entrainer à la prise de parole improvisée en choisissant des thèmes simples (professionnels ou non) et en s’imposant d’utiliser des schémas classiques d’organisation de ses idées :

• Chronologie
• Avantages, inconvénients
• Problèmes, solutions,…

Ces plans sont valables pour de nombreuses prises de parole improvisées. Le formateur doit  donc s’entrainer à les utiliser et, de façon naturelle, cette mécanique se mettra en place au moment où il en aura besoin dans sa vie professionnelle.