Développement personnel, Intelligence Artificielle (IA)

Les soft skills : le socle indispensable à la performance (et à l’IA)

L’intelligence artificielle s’impose dans les stratégies d’entreprise : plans de formation dédiés, ateliers de prompt engineering, conférences sur l’automatisation… L’élan est légitime. Mais une question mérite d’être posée : les fondamentaux sont-ils réellement maîtrisés ? Déployer l’IA sur des bases fragiles, c’est comme installer la fibre dans un bâtiment dont le câblage interne date des années 90 : la promesse est forte, la réalité d’usage parfois moins.

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Des compétences numériques non maîtrisées

L’étude 2025 de l’Observatoire Pix montre que trois actifs sur cinq ne disposent pas des compétences numériques nécessaires à une autonomie professionnelle complète. Moins de 40 % des salariés utilisent les outils numériques courants avec une réelle autonomie, 80 % des cadres rencontrent des difficultés pour évaluer la fiabilité d’une information en ligne et certaines tâches simples comme exploiter un tableur, structurer des données ou gérer efficacement des emails restent sources d’erreurs. Il n’est donc pas inutile d’identifier les besoins en formation sur les essentiels de la bureautique.

Se former aux outils bureautiques et aux environnements collaboratifs peut ainsi constituer un levier concret pour renforcer l’autonomie numérique des équipes, par exemple à travers des parcours dédiés à la maîtrise de Windows, Word, Excel et PowerPoint, ou à la prise en main d’Office 365 et de ses usages collaboratifs.

C’est un point de vigilance trop souvent négligé, comme le révèle l’étude de l’Observatoire Pix. Avant même d’évoquer l’IA générative ou l’analyse prédictive, des compétences de base doivent être développées. La technologie progresse vite… les usages, pas toujours au même rythme.

 

Si l’on va au-delà du champ informatique et technologique, qu’en est-il des autres soft skills ?

 

Des compétences humaines moins visibles, mais décisives

En effet, au-delà des outils, ce sont les comportements qui conditionnent la performance.

La communication claire et structurée est un levier direct de productivité. Une consigne floue génère des allers-retours, un email ambigu peut déclencher plusieurs réunions. Structurer un message, synthétiser une information, adapter son discours à son interlocuteur permet de gagner du temps et d’éviter les malentendus. Les outils peuvent rédiger, mais ils ne peuvent pas clarifier l’intention à votre place.

Dans cette perspective, développer ses compétences en communication professionnelle devient essentiel : apprendre à être synthétique à l’écrit et à l’oral, à rédiger des messages percutants ou encore à prendre la parole avec impact permet d’améliorer la qualité des échanges et l’efficacité collective au quotidien.

 

L’esprit critique est quant à elle un garde-fou essentiel dans un environnement saturé d’informations et de contenus générés automatiquement. En 2021, le World Economic Forum avait classé cette compétence en deuxième position des 10 compétences les plus stratégiques pour les années à venir. Évaluer une source, repérer un biais, questionner un résultat produit par un outil : utiliser l’IA ne consiste pas à appuyer sur « Entrée » et accepter la première réponse.

Dans ce contexte, renforcer son esprit d’analyse et sa capacité de discernement devient déterminant, notamment à travers des formations dédiées au développement de l’esprit critique et à la prise de décision, afin d’identifier les biais cognitifs et d’adopter des choix plus éclairés, même dans des environnements complexes et incertains.

 

La communication interpersonnelle joue également un rôle central. Écoute active, assertivité, gestion des désaccords et intelligence émotionnelle influencent directement la qualité de la coopération, l’engagement des équipes et la fluidité des projets. La relation professionnelle ne s’automatise pas.

Pour les managers comme pour les collaborateurs, le développement de ces compétences constitue un levier clé de leadership et de collaboration, notamment grâce à des formations permettant de mieux communiquer, de faire passer des messages avec impact, de pratiquer l’écoute active et de consolider les bases de l’assertivité dans un contexte professionnel.

 

Enfin, confiance, agilité et résilience sont les véritables compétences d’adaptation. Apprendre en continu, changer d’outil ou revoir ses pratiques peut être stimulant, mais aussi déstabilisant. Sans confiance ni capacité d’adaptation, les organisations oscillent entre résistance au changement et adhésion superficielle. Entre rejet et effet de mode, il existe une troisième voie : la compétence. Et bonne nouvelle : on peut apprendre à apprendre !

Pour sécuriser ces transitions et faciliter l’évolution des pratiques, des formations peuvent aider à mieux vivre le changement, à s’exprimer avec confiance dans des contextes professionnels variés et à développer des méthodes efficaces pour renforcer son potentiel d’apprentissage au service de la performance individuelle et collective.

 

IA et soft skills : l’équilibre

Les entreprises qui investissent dans les compétences comportementales constatent une collaboration plus fluide, des décisions plus fiables, moins d’erreurs liées aux malentendus et une meilleure appropriation des outils numériques. Les soft skills ne sont pas un « plus » : elles conditionnent le retour sur investissement des compétences techniques.

Former à l’IA sans renforcer la communication ou l’esprit critique revient à augmenter la puissance d’un moteur sans vérifier la direction.

L’enjeu n’est pas d’opposer technologie et compétences humaines, mais de les faire progresser au même niveau. La vraie question n’est donc plus : « Sommes-nous formés à l’IA ? », mais plutôt : « Nos équipes disposent-elles des compétences humaines qui leur permettront d’en faire un véritable levier de performance ? »